La construction du mur entre les États-Unis et le Mexique bloquée

© Mario Tama

Un juge fédéral de première instance a bloqué temporairement vendredi le plan du président américain Donald Trump de construire un mur le long de la frontière sud du pays avec de l’argent que le Congrès ne lui a pas accordé, mais qu’il a pu débloquer en déclarant en février un état d’urgence nationale.

Le juge Haywood S. Gilliam Jr, du district nord de la Californie, a décidé d’empêcher l’utilisation d’un milliard de dollars provenant du ministère de la Défense pour remplacer 82 km de clôtures à la frontière du Mexique, en Arizona et au Texas.

L’administration Trump avait prévu commencer à utiliser les fonds dès samedi.

Selon le juge, dépenser cet argent sans l’approbation du Congrès ne serait « pas compatible avec les principes fondamentaux de la séparation des pouvoirs remontant aux premiers jours de notre République ».

Il affirme également que l’urgence nationale autorise les transferts de fonds pour des événements « imprévus ». Selon lui, l’affirmation du gouvernement selon laquelle la construction du mur est imprévue ne peut logiquement pas être conciliée avec les nombreuses demandes de financement de Trump « qui remontent au moins au début de l’année 2018 ».

Le juge Gilliam a répondu ainsi à la poursuite intentée par le Sierra Club et une coalition de communautés situées le long de la frontière.

Il a aussi déclaré que son ordonnance rendait sans objet une partie d’une poursuite similaire intentée celle-là par 20 États, dont la Californie. Le juge a par ailleurs rejeté, pour l’instant, la requête de ces États visant à bloquer un autre aspect du plan de Trump.Les plus populaires sur MSN Québec

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Urgence nationale décrétée

En février, après une longue bataille politique entre démocrate et républicains, le Congrès a approuvé 1,38 milliard de dollars pour la construction d’environ 90 km de « nouvelles barrières physiques » dans la vallée du Rio Grande, au Texas, un montant loin des exigences de Donald Trump, qui réclamait près de 6 milliards.

Le président a alors déclaré l’urgence nationale pour obtenir des fonds, justifiant cette mesure exceptionnelle par une « invasion » de drogues, de gangs criminels et de migrants illégaux qu’il disait vouloir combattre.

Son administration prévoit, grâce à cette mesure, récupérer 601 millions du département du Trésor, 2,5 milliards destinés aux programmes de lutte contre les stupéfiants du département de la Défense, et 3,6 milliards destinés à des projets de construction militaire du département de la Sécurité intérieure.

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